Intervention de Claire Hédon au Collège de France : "L’égale dignité n’est pas un concept abstrait, c’est un repère pour l’action"

07 janvier 2026

Mercredi 26 novembre 2025, la Défenseure des droits, Claire Hédon, est intervenue au Collège de France lors d’un hommage à Paul Bouchet et Mireille Delmas-Marty, deux figures majeures de la défense des droits humains et de l’égale dignité.

Pensée et action : l’héritage de Paul Bouchet et Mireille Delmas-Marty

Dans son discours intitulé « La pensée en action », Claire Hédon a rendu hommage à l’œuvre de Paul Bouchet, ancien président d’ATD Quart Monde, et de Mireille Delmas-Marty, juriste à l’origine du concept des forces imaginantes du droit. Leurs travaux ont profondément marqué son engagement en tant que Défenseure des droits, ainsi que sa vision du rôle de l’institution.

« Paul Bouchet et Mireille Delmas-Marty ont tous deux incarné cette volonté d’avoir un impact sur le réel avec les autres, au-delà du seul foisonnement de la pensée », a souligné Claire Hédon.

La dignité, une boussole pour les défenseurs du droit et des droits

La Défenseure a rappelé que la dignité humaine constitue le fondement de toute norme juridique et guide l’action quotidienne de son institution. À travers des plus de 140 000 réclamations traitées dans tous ses domaines de compétence, le Défenseur des droits intervient « dans les interstices de notre État de droit » pour faire respecter les droits des personnes les plus vulnérables.

Claire Hédon a illustré son propos par plusieurs décisions : La condamnation de l’inscription de numéros sur la peau de personnes contrôlées lors d’opérations de lutte contre l’immigration clandestine, l’accompagnement d’une résidente d’EHPAD victime de maltraitance ou encore le soutien à un agent administratif harcelé en raison de son handicap.

Des alertes sur la cohésion sociale et un appel à la responsabilité collective

La Défenseure des droits a exprimé son inquiétude face à l’aggravation des atteintes aux droits et à l’éloignement des services publics. Plus de 6 usagers sur 10 déclarent rencontrer des difficultés à réaliser des démarches administratives, contre moins de 4 sur 10 en 2016.

« L’aggravation des atteintes aux droits, l’éloignement des services publics, nous entraînent dans un cercle vicieux qui se traduit par la défiance envers les institutions », a alerté Claire Hédon.

En conclusion, la Défenseure des droits a insisté sur la nécessité de repenser l’éducation aux droits « non comme un catalogue de règles, mais comme une pratique vivante de la citoyenneté ». Elle a rappelé que le respect des droits n’est pas un obstacle à la volonté populaire, mais bien l’un des fondements de notre démocratie.

« C’est bien la croyance de dignité égale de tous les hommes qui différencie fondamentalement la démocratie au sens plein de tous les systèmes totalitaires », a conclu Claire Hédon, citant Paul Bouchet.

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