Conférence de presse de fin de mandat de Claire Hédon

25 juin 2026

Claire Hédon, Défenseure des droits
Jeudi 25 juin 2026

Éditorial du bilan de mandat

Depuis six ans, j’ai l’honneur d’exercer la fonction de Défenseure des droits.
Cette responsabilité exige de s’inscrire dans la continuité d’une institution tout en lui donnant un cap. Durant ces années, le nombre de réclamations reçues a fortement augmenté, révélant notamment une fragilisation préoccupante de l’accès aux droits.

Chacune et chacun peut être entravé dans l’exercice de ses droits ou subir des atteintes aux droits. Toutefois,
ces obstacles et ces atteintes sont plus nombreux et ont des effets plus importants lorsqu’ils portent sur des personnes en situation de vulnérabilité : personnes âgées, étrangères, en situation de handicap ou de précarité, détenues, enfants. C’est pourquoi nous avons œuvré chaque jour pour rendre l’institution plus accessible, en allant au-devant de ces personnes.

Je sais que les atteintes aux droits sont susceptibles de porter atteinte à la dignité des personnes. C’est pourquoi
j’ai souhaité, tout au long de mon mandat, placer l’égale dignité de tous au cœur de l’action de l’institution.
Protéger les droits des personnes, c’est protéger leur dignité. La dignité est ce que l’humanité a en commun,
et ce qui prévient de toute forme de déshumanisation.

Sans rechercher l’exhaustivité, ce document vise à réunir les actions les plus marquantes que l’institution
a menées pendant six ans dans cette ambition commune : identifier les atteintes aux droits, les prévenir
et les faire cesser pour protéger et garantir l’égale dignité de tous.

Aujourd’hui, le Défenseur des droits occupe une place reconnue dans le paysage de protection des droits et libertés. Ses analyses et recommandations sont régulièrement sollicitées par le Parlement et les plus hautes juridictions. À l’heure où le débat public se fragmente, les droits doivent demeurer un horizon universel. S’adresser à celles et ceux qui ont le plus de difficultés à faire valoir leurs droits, c’est la boussole du Défenseur des droits. À l’heure où l’accès aux droits se fragilise, où les discriminations sont de plus en plus massives et touchent particulièrement les plus jeunes, l’institution est plus que jamais indispensable. L’année 2026 pourrait s’achever avec près de 200 000 réclamations, soit deux fois plus qu’à mon arrivée.

La pleine effectivité des droits demeure l’un des leviers les plus puissants pour garantir l’égalité devant la loi et préserver notre vivre-ensemble.

En quittant mes fonctions, je veux exprimer toute ma gratitude et ma considération aux agents et aux délégués du Défenseur des droits. Leur expertise, leur engagement quotidien et leur sens profond du service public donnent à cette institution sa force singulière. C’est grâce à eux que le Défenseur des droits est une maison solide, portée par une intelligence collective qui ne cesse de se renouveler. Je sais qu’elle pourra aborder les années à venir avec confiance et force, pour que le droit n’oublie personne.

Claire Hédon, Défenseure des droits