Partenariat Ouest-France : licenciement en raison de l'apparence physique

Cindy a été licenciée pour avoir refusé d’enlever ses piercings et de cacher son tatouage au travail. Est-ce légal ?

Cindy travaille dans une maison de retraite depuis plusieurs mois quand elle décide de se faire poser des piercings au nez et à la langue, accompagnés d’un tatouage le long du cou. Rapidement, son patron lui demande de retirer ses piercings et de cacher son tatouage au motif que cela pourrait déranger voire choquer les pensionnaires et leurs familles mais aussi entacher l’image de l’institution. Alors que Cindy refuse, celui-ci la licencie au motif que son apparence physique n’est pas compatible avec la clientèle hébergée dans la maison de retraite et qu’elle porte atteinte à la crédibilité du lieu. Cindy s’interroge : son licenciement est-il légal ?

Un employeur qui demande le retrait d’un piercing ou qui licencie un salarié pour ce motif doit être en mesure d’expliquer en quoi l’objectif qu’il vise (accueil des clients, image et réputation de l’entreprise, etc.) et la tâche assignée à l’employé justifient cette atteinte à la liberté individuelle. S’il n’y parvient pas, cela pourra être considéré comme discriminatoire.

Si votre employeur met en cause votre apparence physique vous pouvez saisir gratuitement le Défenseur des droits, même avant un éventuel licenciement. Celui-ci pourra vous conseiller et tenter de régler la situation à l’amiable. Il demandera à l’employeur mis en cause de démontrer en quoi votre piercing, tatouage, coupe de cheveux ou barbe porte un préjudice à l’image de marque de l’entreprise. Si la justification n’est pas apportée, le Défenseur des droits pourra adresser des recommandations à l’employeur et présenter des observations devant le tribunal si vous le saisissez.


Retrouvez cette chronique sur Ouest-France.fr.

Retrouvez l’expertise du Défenseur des droits toutes les semaines dans Ouest-France et sur Ouest-France.fr.