Expérience et perception des discriminations en Ile-de-France ; une nouvelle publication de l'ORDIS soutenue par le Défenseur des droits

L’Observatoire régional des discriminations en Île-de-France (ORDIS) publie aujourd’hui  une enquête conduite en  mai 2015 sur les perceptions et l’expérience des discriminations en Île-de-France, cofinancée par le  Défenseur des Droits, la région Ile de France et le CGET

Centrée sur le territoire francilien, cette enquête permet d’évaluer la fréquence des discriminations  rapportées par les personnes et de comparer les résultats avec ceux de l’enquête Trajectoires et Origines (TeO) réalisée par l’INED en 2008-2009.

Avec 58% des personnes déclarant avoir souvent ou parfois connu une expérience de discrimination au cours de leur vie tous motifs confondus, la fréquence est bien plus élevée que les 17% des enquêtés de TeO résidant en Île-de-France.

Les motifs déclarés sont principalement l’origine, la couleur de peau, le sexe, l’âge, la façon de s’habiller et le lieu de résidence mais varient selon les populations exposées. Ainsi :

- 33% des femmes rapportent avoir vécu des discriminations sexistes dans leur vie, contre 3% des hommes ;

- 29% des minorités non visibles ont été discriminées pour leur origine, contre 52% des immigrés « visibles », 51% des descendants « visibles » et 9% de la population majoritaire ;

- La couleur de la peau est mentionnée par 40% et 51% des minorités visibles, mais par 70% des personnes se considérant comme noires et 9% de celles se disant blanches.

- Les discriminations religieuses sont relevées essentiellement par les descendants d’immigrés des minorités visibles, et plus généralement par les musulmans (32%)

- Les discriminations liées au quartier d’habitation concernent principalement les descendants d’immigrés des minorités visibles (23%) et les habitants des ZUS (20%)

Au-delà des discriminations, l’enquête met au jour d’autres formes de désavantages auxquels sont confrontés les groupes minorisés, telles que "la nécessité d’en faire plus pour pouvoir obtenir ce qui est donné à d’autres", l’évitement de certains lieux, l’auto-censure pour ne pas vivre l’échec provoqué par la discrimination ou les différentes stratégies de dissimulations volontaires (sur sa religion ou son état de santé, changer volontairement de nom) ou imposées ( changement de patronyme).